Comment Sarah et Victor ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui était vraiment cette femme énigmatique vivant dans l’ombre de son mari ? 
Amour et ambition, trahisons et secrets nourrissent cette odyssée d’un couple hors du commun, traversant avec nous, petite et grande histoire du dernier siècle.

(Source : Allociné.)

C’est en ce Mercredi 8 mars «  Journée internationale des droits des femmes » que le premier film de Nicolas Bedos est sorti en salle.

 

Un premier long-métrage splendide et intelligent

C’est environ un demi-siècle qui va défiler sous nos yeux durant deux heures. Un demi-siècle d’amour, d’excitation, de fuite, de passion, de tendresse, un demi-siècle de complicité. Une complicité intellectuelle, une complicité d’humour, une complicité simple sur la vie. Puis vient la détestation et la jalousie, la tromperie, établie ou cachée, la tromperie mentale ou bien physique, et enfin la rupture.

Une invocation à la vie et un sacre à la passion qui non seulement est réussi, mais sublimée par des joutes verbales incisives et des comédiens justes. En d’autres termes, un long métrage splendide et intelligent.

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Ici, rien n’est frileux, petit ou inavoué. Le réalisateur, scénariste, acteur et compositeur, jongle avec grâce entre ses différents talents et défonce, une à une, bon nombre de portes et de barrières sociétales, telles que l’humour, l’intelligence, la maternité et la paternité, la prudence…

« Tout sauf l’ennui ! »

Un beau voyage à travers la vie et l’amour qui ne manque pas d’autodérision et fait des sourires les plus belles religions.

Une provocation assumée et une honnêteté bouleversante

 « Lâche ce chien ! Il va être bourré ! »

Ici, Nicolas Bedos arrive avec adresse à briser ces règles structurelles relatives à la société. Ce bien et ce mal que l’on nous inculque enfant et qui, contre tout attente, est différent pour chacun et évolue depuis toujours.

Les thèmes sont à la fois actuels et ancestraux. Un mélange irrésistible de sujets percutants et ordinaires sur les liens invisibles qui nous relient, ou pas, les uns aux autres, sur l’amour et sur la vie. Une vie, pas toujours si simple…

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En effet, parfois la vie c’est de ne pas considérer l’amour comme acquis, mais avoir des difficultés à aimer. Aimer son prochain. Aimer ses enfants. Aimer ce qui est hors norme. Aimer la simplicité.

Et parfois la vie, c’est aussi accepter…

Accepter l’incontrôlable. L’inattendu. Accepter aussi la banalité et surtout accepter d’être honnête. Non seulement honnête avec les personnes qui nous entourent mais honnête avec soi-même.

« Un mélange grinçant d’humour noir et de beauté sauvage. »

Mais ce film dénonce aussi que certaines croyances sont anecdotiques. Croire que tout ira bien si je fais les choses bien, les choses « comme il faut », croire que cela sera un gage de réussite sociale et intérieure. Croire que cela sera une assurance pour garantir nos rêves et garder nos espoirs intacts.

On peut faire les choses comme on les pense, parfaites et comme la société les valide comme normales ; ou envoyer chier les conventions et les contingences, faire des erreurs, foncer dans les murs, et bouffer du speed comme un paquet de chips. La résultante n’est jamais acquise et prédéterminée.

«  On nous dit qu’il a juste un problème mais le problème c’est qu’il est con. Il est con. Regarde comme il est con. T’es con ! T’es con ! »

Un mélange grinçant d’humour noir, de provocation assumée et de beauté sauvage. Une beauté volcan. Une beauté brûlante et envahissante. Aussi subtile qu’immense…

Je reviens te chercher : quand un amour irréversible crève l’écran !

« Je ne suis pas fait pour l’amour raisonnable, je ne supporte pas la tiédeur, la médiocrité et la prudence. Ou, soyons franc, je ne supporte pas de ne pas susciter la passion, question d’égo. »
Nicolas Fargues

Lorsque Victor pénètre dans ce nouveau milieu social où vit maintenant sa femme, il sait qu’il est prêt. Prêt à continuer cette guerre d’amour inachevée. Il est hors de question de déclarer forfait.

Mais, il se confronte à tout ce qu’il n’est pas et ne sera jamais. Une sorte de part inexplorée de lui-même qu’il déteste déjà sans même la connaître.

Il rencontre « le saint » Marc, mari actuel de Sarah et homme parfaitement normé. Le genre de type sachant porter du blanc sans se tâcher. Ici, est mis en scène, une invitation à cultiver la paix, sur un terrain où l’esprit est en relation harmonieuse avec l’environnement. Un environnement presque aseptisé de tout… Sauf des tortues.

En effet, la tortue a une capacité à rester calme même dans les moments chaotiques. Elle est symbole d’une certaine stabilité émotionnelle et d’une connexion permanente avec la sagesse ancienne.

Tout le contraire de Victor, dont l’étymologie signifie « Vaincre ». Un choix de prénom qui n’est pas laissé au hasard et dont la source ne peut s’associer au renoncement. Ce qu’il nous démontre nonchalamment en remontant simplement et avec audace le son de sa chaine Hi-Fi.

Un hommage merveilleux à la femme

C’est une sortie stratégique pour le premier film de Nicolas Bedos qui crève l’écran aujourd’hui pour la Journée internationale des droits des femmes.

Avec un titre significatif qui met les deux héros sur un pied d’égalité et de surcroît expliqué dans la fiction par un désir masculin d’être comme sa compagne. En prenant son nom, il lui rend hommage.

Mais cette information n’est qu’un détail dans l’histoire qui dénonce une existence inconstante et mouvante dans laquelle le héros est ballotté d’un extrême à l’autre. Car oui, la vie n’est jamais ou toute blanche ou toute noire, la vie c’est avant tout une palette de couleurs qu’on explore malgré nous, ou délibérément.

« Pari est gagné pour le réalisateur, qui confirme son entrée dans le cercle  très fermé de ceux qui ont su prouver que leur talent était unique ! »

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Un être humain n’est pas doté d’une polarité ou d’une autre, il n’est pas homme ou femme. Ce n’est pas quelque chose d’avéré, hors le sexe de naissance, l’être humain est à la fois bon et mauvais, tout comme il porte en lui une part de féminité et de masculinité.

Avec une comédienne néophyte faisant ses premiers pas sur grand écran dans un premier long-métrage dont le sujet est aussi complexe que l’épaisseur humaine à travers tout une vie, nous aurions pu être inquiets du résultat… Pas de quoi !

C’est avec un joli portrait, tantôt grave, tantôt attendrissant, et surtout très proche de la vie réelle, que le pari est gagné pour le réalisateur.

Une chose est sûre : Nicolas Bedos est indéniablement un « fils de », mais avec son premier film, il confirme son entrée dans le cercle  très fermé de ceux qui ont su prouver que leur talent était unique !

Chapeau bas aux acteurs et à toute l’équipe artistique qui a dû travailler d’arrache-pied pour rendre des images, des voix, des maquillages et des humeurs aussi somptueuses qu’éblouissantes, sans oublier Doria Tillier d’une beauté hallucinante ! Homme ou femme, il est impossible de ne pas tomber amoureux de Sarah.

Bravo pour ce très bel hommage à la femme et surtout … à l’être humain !

 

Ana ELLE

 

 

La bande annonce : ici !

«MONSIEUR & MADAME ADELMAN » de  Nicolas BEDOS

 

Avec : DORIA TILLIER, NICOLAS BEDOS, DENIS PODALYDES, PIERRE ARDITI …

Le castings complet.

 

Durée : 2h 00

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