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Cinderella Roads

Sur notre passage, la route prenait des couleurs improbables. Le ciel tout en présage, murmurait un souffle fantomatique. J'aimais percer ces étranglements Californien. Je retrouvais presque, en cette humeur, les vallées d'un désir Shakespearien.

Mois

septembre 2015

J’attendrai la tempête

– Le 13 mai 2015 –

Cher Vous,

 -Vegas –


Sanctuaire de nuit


Je me lave sous une vraie douche. Cela fait des jours que nous n’avons pas goûté aux tranquillités et aux commodités individuelles. L’eau coule sur mon corps et délasse mes membres. Je m’efforce de relâcher cette pression sanguine qui semble accroître et former des murs douloureux d’hémoglobine. A l’intérieur de moi. Je regarde mes veines se dégonfler sous la chair qui petit à petit reprend une forme et une taille normale. C’est drôle comme le corps se déforme et se modifie en présence d’émotions fortes, de températures changeantes ou d’endroits différents. Je masse la peau pour faire circuler le sang. Empêcher que la vie s’arrête ?

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Une histoire sans fin

 – Le 21 décembre 2014 –


I am a bird girl now

I’ve got my heart

Here in my hands now

I’ve been searching

For my wings sometime

I’m gonna be born

In to soon the sky

‘Cause I’m bird girl

And Bird girls go to heaven

I’m a bird girl

And bird girls can fly

Bird girls can fly…*

Cher Vous,

– Bryce Canyon –

Les jours passaient, les paysages changeaient.


La route. La route. La route.


Je venais de prendre à mon tours le volant.  De nombreux « greasy spoon* » longeaient le bord de la route qui serpentait en vallée.

Je m’accrochais à ce qui me restait d’été. A l’intérieur de moi. Désespérément. Oubliant tant bien que mal mes angoisses humides et lascives. Sans doute désespérais-je de ne jamais ressentir quelque chose qui m’accorderait à lui.

Mon âme est faite d’automne. Il y a quelque chose qui déconne. Il y a toujours eu en moi, une forte mélancolie. Un endroit hord d’atteinte au fond duquel je ne cesse de tomber.


Je l’appelle désir.

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Poussières d’or

– Le 17 août 2014 –

Cher Vous,

-Kenyata-

Nous roulions depuis le Grand Canyon en direction de Monument Valley, quand la nuit se mit à tomber.

L’obscurité épaisse lézardait autour de nous. Reconnaitre notre chemin en de telles circonstances était de plus en plus compliqué. Nous nous retrouvâmes dans un quartier peu sûr et sensiblement inquiétant. C’est alors qu’en faisant demi-tour, les phares de l’auto nous indiquèrent ces quelques mots : « Neighborhood crime watch».

Il était presque minuit. Nous étions dans un quartier de criminels surveillés, et c’est peu dire que nous n’avions pas au-dessus de nos têtes, une marraine « bonne fée » et sa baguette !

Illico presto nous retrouvâmes un grand axe baigné d’oubli, et tout en accélérant la voiture se fit avalé par la nuit.

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Tristesses éléctriques

– Le 25 juillet 2014 –


Accepter de se regarder soi pour regarder le monde,

ne pas s’éloigner, se poser là au beau milieu de l’espace et du temps,

oser chercher dans son esprit , dans son corps, les  traces de tous les autres hommes.[1]


Cher Vous,

Les corbeaux croassaient inlassablement.

Après les pluies, la chaleur vint. Le soleil se mourait dans un plasma insolite. Nous passâmes la journée à rouler dans le parc pour admirer ses points de vue éclectiques.

L’immensité était de plus en plus présente. La virtuosité naturelle de cet endroit était démente. C’est alors que je me surprenais à parler tout bas. Je murmurais, mais pourquoi ? Je m’arrêtais à contempler cet endroit, renversé à l’intérieur de moi. De toute ma vie je n’avais vu de pareilles choses. Je devenais cette fille qui bouffe du speed. J’engloutissais ma dose.

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Coucher de souffle.

J’étais seule à regarder le jour mourir, ils étaient dans la voiture et ne voulaient pas sortir. Le vent les avait sans doute effrayés. Il est vrai que les températures avaient dégringolé, mais comment aurais-je pu me rendre compte que j’avais froid dans un pareil endroit ? Errant dans les crépuscules et les entrevues secrètes. L’horizon fier se laissait briser par quelques éclairs. Il semblait prendre feu. Derrière moi, ce garçon aux yeux bleus. Le dessin du ciel était irréel. Je n’avais pas le droit d’être ici. Ai-je le droit d’être ici ?

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Bonheur bonheur… et mal de cœur !

Dans la vie le prince charmant se tire avec la mauvaise fille, toi, il t’a juste tirée ! Les supers héros se font à jamais désirer. Quant aux supers garçons, ils n’ont rien de magique…

« Arrêtons comme des folles de s’envoyer en l’air sans même garder les pieds sur terre ! »

Pourquoi les femmes aiment tant les chaussures ? Parce qu’elles comblent leur complexe de Cendrillon, bien sûr ! A force d’en avoir et de les oublier chez leur coup d’un soir, elles espèrent qu’en trainant pieds nus sur les trottoirs, un carrosse s’arrêtera rien que pour elles. Mais ce qu’il faut savoir c’est que Cendrillon n’est pas réelle. Cendrillon n’était qu’une garce en robe de soir, rodant sur les trottoirs, sans carrosse ni futur. Rien que quelques voitures. De vielles bagnoles s’arrêtant à sa hauteur qui lui bouffaient morceaux après morceaux le cœur.

« On nous promène le cœur de vie en vie, si bien que ça fini par faire mal, et qu’à défaut d’une envie de jouir, on à envie de vomir ! »

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Désir Brûlant

– Le 21 juillet 2014 –

Cher Vous,

– Phoenix –

Les jours caillés par la chaleur, se condensaient rapidement.

Nous passions la plupart de notre temps dans les centres commerciaux climatisés. Il y a deux jours, l’un d’entre nous était tombé comme une feuille dans downtown. Un mélange accru de froid artificiel, et d’environnements inévitablement bouillants. A peine l’incident arrivé, plusieurs personnes se pressèrent pour offrir leur aide jusqu’à l’arrivée des pompiers.

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Fatigues arides

– Le 13 juillet 2014 –

Cher Vous,

 – L’Arizona –

L’orage éclata au loin, aux environs de 22 h. L’avion tournait au-dessus de la ville illuminée. La nuit trouble pressait le monstre volant vers l’été.

Après 17h de vols et de correspondances assommantes, nous sortions enfin de l’aéroport dans une chaleur coagulante. La nuit retenait l’orage en ses creux douteux. Dehors les taxis s’amoncelaient en file indienne, bordant la grande route de lumières artificielles et clignotantes.

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Là bas…

– Le 9 mai 2013 –

Cher Vous,

Il y a six heures, j’étais encore dans le Nevada. Et tout à coup,je me retrouve là. Dans les airs, au beau milieu de l’atmosphère. Je tourne la tête vers le hublot, c’est fou comme tout semble si calme de là- haut. Je retiens mon souffle, je ferme les yeux, j’ai la furieuse envie de sauter. Me laisser tomber. Ça serait plus facile de tout abandonner.

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Freaks Paradise

– Le 2 mai 2013 –

Cher Vous,

Plus tôt ce jour là, la ligne d’horizon semblait changer. Le soleil déclinait. Mais la route, la route… était toujours fidèle à elle-même ; longue, droite, indestructible.

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Sept heures de voiture, de désert, de vieilles stations d’essences, d’habitations lointaines et perdues, de garages venant de nulle part abritant de vieilles carcasses d’acier multicolores…

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